Erasme à la pointe contre l'obésité morbide grâce à la gastroplastie transorale
L'hôpital Erasme, via un projet pilote, est le premier centre au monde à offrir là, une technique qui vise à réaliser une chirurgie restrictive sur les patients obèses, mais de manière moins invasive que les autres options chirurgicales telles que la pose d'un anneau gastrique, et dont les résultats obtenus sont similaires, voire supérieurs.
L'hôpital Erasme participe avec 10 centres dans le monde à l'étude prospective multicentrique visant à évaluer l'efficacité de la technique. Aucune complication sévère n'a été rapportée par les études pilotes. Si ces résultats se confirment, la chirurgie transorale pourrait représenter une révolution dans la prise en charge de l'obésité morbide.
L'idée de cette procédure est de réaliser une chirurgie restrictive de manière moins invasive que les autres options typiquement chirurgicales. Cette intervention se fait sans aucun accès transabdominal, les instruments chirurgicaux étant introduits par la bouche au travers de l'½sophage dans la cavité gastrique.
Là, par une technique d'agrafage aidée par l'application d'une dépression, une suture de la petite courbure gastrique est réalisée par un agrafage transséreux, résultant en la réalisation d'une poche de petit volume similaire à celle obtenue lors de la réalisation d'une gastro-plastie verticale. Le but est de limiter la quantité alimentaire que le patient peut absorber en une fois et de rendre plus précoce la sensation de réplétion ou de satiété après un repas de volume limité. Le système est complété par un second instrument permettant de créer, toujours par agrafage et succion, des coussins au niveau de la partie distale de la poche, réduisant son diamètre et offrant donc une résistance au passage du bol alimentaire.
Après que la technique a été mise au point dans des études animales et des études sur cadavres, et que la sécurité des instruments a été confirmée, une étude clinique pilote a été réalisée. L'hôpital Erasme à Bruxelles a été, au niveau mondial, le premier centre à offrir cette technique dans le cadre d'une étude clinique et, à cette date, environ 60 patients ont été traités, dont près des 2/3 à l'hôpital Erasme. Dans une première étude clinique publiée cette année dans la revue Surgical Endoscopy, un 1er groupe de 21 patients a été traité avec succès et la perte de poids par rapport à un poids idéal était de 24.5% à six mois et de 35% à 12 mois.
Une 2e étude pilote a été réalisée sur 41 patients, après amélioration technique des instruments, et a permis d'observer des pertes de poids, par rapport à un poids idéal, de 39% à six mois et 42.5% à 12 mois. Ces résultats sont similaires, voire supérieurs, à ceux observés dans d'autres chirurgies restrictives réalisées par laparoscopie ou par laparotomie.
Aucune complication sévère liée à la technique n'a été rapportée. Si les résultats obtenus dans les études pilotes sont reproduits dans l'étude menée dans plusieurs centres, cette chirurgie transorale pourrait représenter une révolution dans la prise en charge de l'obésité morbide.
L'obésité, (caractérisée par un indice corporel supérieur à 30) et l'obésité morbide (indice corporel supérieur à 40) est à présent qualifiée de pandémie car le nombre d'obèses a doublé au cours des 20 dernières années aux USA et en Europe et à triplé chez les enfants. Les patients souffrant d'obésité présentent des risques de morbidité tels que le diabète, l'hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires, le cancer du côlon, de la prostate ou encore du sein.
Ils voient leur espérance de vie diminuée de deux à cinq ans pour les patients modérément obèses et jusqu'à 20 ans pour les personnes en obésité morbide.
Au sein du département médicochirurgical de gastro-entérologie de l'hôpital Erasme, depuis mars 2006, quand le premier patient a été traité à Bruxelles, plus de 40 patients ont bénéficié d'une gastroplastie transorale (TOGa). Ils ont maintenant été suivis jusqu'à un an après le traitement. Les patients ont perdu en moyenne 40% de leur poids excessif dès 6 mois après le traitement initial.
_________________